Une fine histoire de particules

Qu’il fait bon en semaine ou le dimanche d’humer l’air de notre commune, en ces temps de parfums délicats de mimosas, de premiers frésias, de toutes ces fleurs annonçant le printemps presque là…
A s‘y méprendre on aurait presque envie de s’alanguir. Mais point trop n’en faut !
En effet, culturellement ou traditionnellement selon la manière de voir les us et coutumes,
les multiples feux de jardins viennent noircir le tableau des fragrances.
On nous dit qu’ils ont toujours eu lieu, et que ce ne sont que quelques brindilles qui flambent comme pour, eux aussi, annoncer la sortie des jardiniers aux premières températures clémentes.
Je me garderai bien de faire passer un message écolo car ici le sujet dépasse cette seule matière occulte, il s’agit de santé publique.
Si les feux de jardin n’ont aucun lien direct avec le dérèglement climatique (ce serait trop simpliste), ils ont, en revanche, un impact sur la qualité de l’air au travers des particules fines qu’ils dégagent via les PM10 (particules imbrûlées dont le diamètre est inférieur à 10micromètre) considérées comme au moins aussi toxiques pour la santé respiratoire à court terme que les PM10 de source urbaine (Avis de l’ANSES de Mai 2012).
Pourtant par arrêté du 16 Mai 2013, le Préfet du Var interdisait « toute l’année sur l’ensemble du Département du Var le brûlage à l’air libre des déchets verts produits par les particuliers, les professionnels et les collectivités locales ».
Il y a de quoi s’étonner de voir encore ici et là des colonnes de fumée s’élever comme autant de camps indiens célébrant l’équinoxe de Printemps alors que nous savons aujourd’hui faire autrement par l’enlèvement des déchets via la société qui offre cette prestations en vidant les containers verts distribués sur toute la commune. Il y a encore mieux à faire en utilisant cette biomasse comme autant de matière organique à fournir à la terre comme un juste retour produit du règne végétal.

Enfin à celles et ceux qui voudraient arguer que ces feux sont bien moins préjudiciables que d’autres sources de pollutions, il n’en est rien puisque brûler 50Kg de déchets verts équivaut à rouler 18.400km avec un véhicule récent à essence ou 5.900km avec un véhicule diesel récent ou encore se chauffer pendant trois mois avec une chaudière à fioul performante.
Car en tout état de cause les feux de jardins et l’émission de leurs particules fines sont pour partie la cause de 55 000 décès prématurés par an soit 5 % des décès par an, réduisent de 9 mois en moyenne l’espérance de vie et sont à l’origine de maladies ou d’insuffisances respiratoires.

Notre commune doit être à la hauteur d’un enjeu local et impérieux, protéger ses administrés contre tout risque de santé publique.

Jean-Laurent Félizia

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