Recueillement et responsabilité collective

Comment rester de marbre après la nuit de drame
que ces femmes, ces hommes, ces enfants, ces familles
ont vécu à Nice aux portes de l’enfer alors que
toutes et tous étaient venus caresser le rêve d’un soir de fête
sur la Côte d’Azur, un soir de 14 Juillet, tout un symbole.

Alors que la classe politique se déchire pour
tantôt minimiser tantôt extrapoler les conditions du
« on aurait pu éviter cela », je veux saisir l’occasion
de ce billet pour poser momentanément le voile du silence
sur ces miasmes et sonner le glas du recueillement.

Demain, l’été brûlant et sa cohorte de manifestation festive
reprendra sa trajectoire, l’économie qui y est liée aussi.

Mais au-delà de ce que la violence sème sur son passage
et met le doute quant à nos habitudes de vies,
il faut rassembler ce qu’il y a de plus fort en nous
et rester collectivement responsables.

Tout d’abord, il ne faut pas croire que c’est une croisade
qui anime ces fous en guerre contre la vie, la joie et l’amour
mais que c’est bel et bien un exutoire désespéré qui les met
en proie à des actes suicidaires pour nous et eux-mêmes.

J’ai l’intime conviction que l’abri contre ces actes n’existe pas.
En Novembre à Paris, hier à Nice, demain…

Alors oui, les symboles déclencheurs sont nombreux,
devons-nous les brandir comme force de vie ou les mettre en sourdine
momentanément pour éviter d’autres drames ?

Comme beaucoup je me questionne sur TOUS les symboles
qui pourraient exposer mes semblables à l’appétit meurtrier
de ces êtres humains sans plus aucun lien avec l’essentiel, la vie,
mais plutôt dans une surenchère du toujours plus atroce !

TOUS les symboles, la foule, la fête, la joie, les excès en tous genres,
l’expression religieuse sur la voie publique, les signes extérieurs de richesse,
le manque d’égalité, TOUS ces symboles qui habituellement ne nuisent pas
au vivre ensemble mais qui aujourd’hui ont fait éclaté la soupape de l’insoutenable.

Au lieu de vouloir conjurer le sort ou de jouer avec le diable,
je propose modestement d’abonder dans la modération et la sobriété…
avec la bienveillance qui s’impose en pensant aux chagrins de celles et ceux
qui ne verront plus le 14 juillet de leur vie comme une fête Nationale.

VIVE LA VIE

Jean-Laurent Félizia

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