GAZETTE 115 – Une certaine manière de voir la vie municipale.

NDLR : A la demande du service de Communication de la commune
et pour la Gazette 115, nous avons produit, le 15 Décembre,
un texte pour contribution à la tribune libre et à l’expression des groupes
composant le Conseil Municipal. Notre texte était-il prémonitoire ?
Il augurait en tous les cas d’un clash qui aura conduit Jean-Laurent Félizia
a quitté le Conseil Municipal du 16 Décembre dernier en profond désaccord
avec la décision de recourir -même de manière anecdotique- à l’injection
d’Emamectine-benzoate dans les palmiers pour lutter contre le Charançon rouge.
Alors que l’élu, compétent en la matière, s’évertue depuis plus de 6 mois
à mettre en garde contre la dangerosité d’un produit et surtout de son inefficacité, l’Adjointe déléguée à l’Environnement n’a pas voulu tenir compte
de ses recommandations.

Le Groupe LA VILLE HEUREUSE

GAZETTE 115 – Une certaine manière de voir la vie municipale.

Sans rentrer de manière polémique dans les dossiers qui occupent notre mandat,
je dois avouer avec stupéfaction que certaines mauvaises habitudes demeurent.

Ce n’est pas faute de mettre les formes, d’insister sur la méthode de travail,
de vouloir la voir traduite plus rigoureuse, plus pragmatique,
non, les choses semblent engluées dans une lourdeur opaque….
comme si tout était secret.

Je prendrai quelques exemples concrets pour décorer le palmier de Noël.

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Justement de palmiers, puisqu’il en est question, le Charançon rouge
gagne du terrain et ce malgré des efforts de bravoure de l’équipe
de jardiniers des Espaces Verts communaux.
Alors que la démarche Zérophyto en application depuis 2007
crée les conditions équilibrées d’une nature en Ville, nous nous apprêterions
à user de méthodes chimiques risquées au prétexte que les investissements
engrangés voilà deux mandats en plantations de palmiers seraient mis à mal.

Le produit envisagé est terriblement dangereux,
les méthodes alternatives sont encore dans les cartons….

Tant pis ! Nous allons tenter le diable, alors même que la matière active,
l’Emamectine benzoate, est notée par l’ANSES
(Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) comme « Nocive par inhalation, irritante pour les yeux, avec des risque d’effets graves pour la santé en cas d’exposition prolongée par ingestion,
très toxique pour les organismes aquatiques, pouvant entraîner des effets néfastes
à long-terme pour l’environnement aquatique ».

Cerise sur le palmier, « afin de limiter l’exposition des abeilles,
il conviendra de supprimer les inflorescences avant la floraison des palmiers
chaque année pendant toute la durée du traitement et, à titre de précaution,
au moins un an après l’arrêt de celui-ci afin de limiter
les risques pour les pollinisateurs ».

No comment !

Autant dire qu’en présence de ruisseaux côtiers sur la commune,
de sols extrêmement filtrants, il sera difficile de suivre le chemin de pollution
d’un produit aussi douteux.
Depuis la dernière réunion sur le sujet et les avis que j’aurai pu communiquer,
y compris par écrit, pour un domaine de compétences que j’essaie de mettre en avant
sans prétention mais avec une pratique avérée, aucune nouvelle, aucun compte-rendu.

Dernièrement, on accusait une anguille d’être la mère de tous les maux
d’une inondation tragique dans une commune voisine.
Je ne me risquerai pas à pareille fable, mais entre palmier et santé publique…
aucune hésitation.

Le syndrome charançon est reproductible car sauf quelques rares commissions
qui donnent lieu à des travaux structurés, les réunions se succèdent
comme pour combler un vide sidéral de débat démocratique.
Aucun suivi, aucun écrit, un vrai flou artistique

Si le courage reste intact, le compte n’y est pas…

J’attends non pas comme d’autres, un bureau ou une secrétaire,
mais une rigueur d’emploi de notre temps bénévole consacré au bien public.

Je ne crois pas au Père Noël mais comme pour l’annulation d’ABYSSEA
contre lequel nous avons œuvré, les miracles peuvent surgir là
où on les attend le moins.

Jean-Laurent Félizia, pour le Groupe La Villle Heureuse

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Ségolène Royal suspend ABYSSEA.

C’est en milieu de matinée que nous avons appris
par le Cabinet du Ministre de l’Ecologie et du Développement Durable,
la décision « de ne pas poursuivre la procédure d’autorisation » d’ABYSSEA
et l’installation de deux plateformes d’essais et d’expérimentation
par 1.300m et 2.000m de profondeur sous l’égide du
CEEMP (Centre d’Expertise et d’Essais en Mer Profonde).

Cette décision nous réjouit car elle est le résultat des actions
que nous avons menées, éluEs locaux, régionaux
pour la plupart écologistes, soutenus très tôt par des collectifs citoyens
comme le Sémaphore des Abysses puis tardivement
par des éluEs UMP isoléEs comme le député-Maire de Hyères-Les-Palmiers,
Jean-Pierre Giran ou Gil Bernardi, Maire du Lavandou
et Président du Syndicat des Communes du Littoral Varois.

Sémaphore des abysses (Plan B)

C’est d’ailleurs la Commune du Lavandou qui a allumé la mèche
en votant à l’unanimité et à la demande de Jean-Laurent Félizia
du Groupe La Ville Heureuse, une motion d’opposition au projet ABYSSEA
lors du conseil Municipal du 24 Novembre dernier.

Mais tout n‘est pas gagné car si le projet, ABYSSEA est suspendu
en lieu et place du Canyon des Stoechades au large du Levant,
il ne doit pas pour autant être relocalisé ailleurs et servir
les mêmes intérêts ceux de l’industrie pétrolières off-shore
oubliant de fait l’innovation en faveur des énergies renouvelables,
il ne doit pas non plus nourrir le  conflit d’intérêts au travers
d’expertises douteuse conduites par des organismes juges et partis,
il doit encore moins échapper à la transparence d’une procédure
qui musèle le débat contradictoire et travestit ses réels objectifs.

Et de fait, si les enjeux environnementaux sont tout autant sous-estimés,
nous serons de nouveau en première ligne pour faire-valoir l’intérêt général
le bien-fondé du débat démocratique et l’inepsie de grands projets coûteux et inutiles !

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ABYSSEA…on n’en veut pas !

INTRODUCTION

Ce projet dit « expérimental » intervient dans un contexte particulier
puisque la loi GIRAN N° 2006-436 du 14 avril 2006 relative
aux parcs nationaux, aux parcs naturels marins et aux parcs naturels régionaux et consolidée le 1er Janvier 2014
prévoit
une extension du périmètre du Parc National de PORT-CROS
et depuis fin 2012 a ouvert l’écriture concertée entre partenaires sociaux-économiques, représentants associatifs et éluEs d’une charte d’adhésion pour entrée
en vigueur 2015 et pour une durée de 12ans.

Cette Charte dont l’approche est véritablement démocratique
vient de faire l’objet le 17 Octobre 2014 d’un vote à l’unanimité
des groupes d’éluEs sans distinction en session plénière du Conseil Régional PACA.

Par ailleurs, il est important de rappeler qu’un permis d’exploration (Rhône Maritime)
et à plus ou moins moyen terme d’exploitations d’hydrocarbures par moins 2.500m
avait été demandé pour prorogation par la Société MELROSE en 2011/2012
à seulement quelques milles des stations projetées aujourd’hui.

Plan d'implantation

Ce projet, aussi opaque qu’il soit, est sensé créer
un Centre d’Expertise et d’Essais en Mer Profonde (CEEMP),
par le biais de l’installation de deux  plates-formes sous-marines
dans le canyon des Stoechades, l’une dans un premier temps à 1.300m
puis l’autre à 2.400m de profondeur.

Enfin, et c’est le premier paradoxe, ce projet estimé à près de 12 millions d’€uro
est supporté financièrement par des partenaires publics dont la participation
peut atteindre les 60% du coût global d’investissement du projet.

LE SITE, UN CHOIX CURIEUX !

Une première fois modifiée par le Préfet maritime,
ce projet n’offre aucune visibilité quant à des choix alternatifs d’implantation
au cas où l’emplacement repéré soit source de complication
ou d’imperfection contextuelle.

Est-ce à dire que la zone a d’ores et déjà fait l’objet de sondages ou de repérages ?

D’autant plus que la zone définitive se trouve en plein  cœur de la zone prévue
pour aire maritime adjacente du Parc National de Port-Cros et que la Charte
prévoit dans son ambition n°3 (page 191) de,
« soutenir une économie de proximité en encourageant
la coopération inter-filière et les initiatives économiques porteuses
d’une plus-value sociale et environnementale » et aussi
« participer au développement durable de l’économie maritime et littorale » et encore « sur les îles, initier et soutenir des activités économiques génératrices d’une plus-value environnementale ».

 Tracé des câbles

De plus, le choix de l’ïle du Levant et du Canyon des Stoechades est inopportun
du fait des protections environnementaleset des impacts prévisibles du projet
avec des câbles en zones sensibles, classées Natura 2000 et ZNIEFF
(biodiversité remarquable, herbiers de posidonie, sables et graviers sous influence
des courants de fond, sables fins,roches médio et infralittorales). 

A quelques encablures du sanctuaire Pélagos,
zone de protection des mammifères marins en Méditerranée,
les écosystèmes seront sans nul doute perturbés par l’installation des câbles,
des plates-formes, de leur relevage au bout des 30 années maximum
de concession et pendant l’exploitation et la maintenance du fait
des champs électromagnétiques, des élévations de températures,
des émissions sonores, turbidité, contamination chimique ou microbiologique…

IMPACTS NOCIFS SUR LA VIE ANIMALE ET VEGETALE

Les espèces animales directement menacées par le projet sont :

* Les tortues marines,
* Les cétacés dont le dauphin bleu et blanc, le dauphin de Risso,
le globicéphale noir, le grand dauphin, la baleine à bec de Cuvier,
le rorqual commun et le cachalot,

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Remarques : Ces espèces ont été identifiées et répertoriées
par différentes études au niveau du talus continental
du canyon des Stoechades au cours des mois d’août et de septembre
où il devient le principal site d’occupation pour
les dauphins de Risso et les Globicéphales, tandis que
pour le cachalot, espèce vulnérable, ce site est une zone de nourrissage.

Mais aussi :

* La grande nacre, espèce protégée,
le plus grand mollusque bivalve de Méditerranée.

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* Les Herbiers de posidonies précieux pour le maintien
de la biodiversité et de l’écosystème qui en dépend.

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DES PAYSAGES REMARQUABLES SOUS-MARINS EN DANGER

De 0 à 20 mètres de fond, la Calanque de la Carbonnière  (Départ des câbles)
inclut un site à caractère paysager remarquable,
selon les critères de classements des paysages sous-marins.

Aussi, les conclusions de l’étude des incidences Natura 2000 sont claires :
« Le projet du Centre d’Expertise et d’Essais en Mer Profonde
est susceptible d’avoir des incidences significatives si les précautions émises
ne sont pas ou mal appliquées. »

On peut aussi émettre un doute sur l’étude d’impact réalisée
par la société CREOCEAN, dont les domaines d’actions
concernent l’environnement marin,
l’aménagement côtier ainsi que les opérations offshore.
Cette société est liée à TOTAL pour qui elle a l’habitude de travailler.
Ses conclusions se veulent rassurante, avec des impacts légers à modérés,
voire nuls et minimisés, grâce à des mesures de précautions
aux différentes étapes du projet.

Cette étude équivoque ne peut satisfaire au besoin d’une neutralité
et d’une honnêteté scientifique la pertinence d’une installation
quand celle-ci est émise par un organisme juge et parti.

Certains documents institutionnels cadrant les activités en mer comme
le PAMM (Plan d’Action pour le Milieu Marin) indiquent clairement
qu’un projet ABYSSEA est incompatible avec ses objectifs
qui pour les rappeler sont :

* Maintenir en bon état de conservation
les habitats profonds des canyons sous-marins ;

* Limiter les risques d’étouffement des habitats
d’intérêt patrimonial ou écosystèmes marins vulnérables
des têtes de canyons par des activités anthropiques
générant des dépôts divers ou la remise en suspension de sédiments ;

* Atténuer le dérangement acoustique des mammifères marins
par les activités anthropiques ;

et concluant… à la nécessité de
renforcer la réglementation dans le sanctuaire Pélagos !

Contrairement à l’avis de l’autorité environnementale produit
le 5 Septembre 2014 estimant que les objectifs du PAMM
sont compatibles avec le projet, des doutes majeurs subsistent quant à :

– La protection des mammifères marins et à leur extrême sensibilité sonore
perturbant leur trajectoire et rendant confuse leur organisation sociale particulière.

L’étude d’impact note d’ailleurs à plusieurs reprises
des connaissances scientifiques insuffisantes dans ce domaine et même
si ABYSSEA prévoit un système de surveillance acoustique ainsi
qu’une alarme automatique en cas d’émission sonores susceptibles
de perturber les cétacés.

Ce dispositif de précaution basé sur un système
d’enregistrement acoustique des cétacés pourrait être
incompatible avec la confidentialité à préserver des essais militaires.
Quelles garanties seront apportées et sur quel organisme de contrôle indépendant le citoyen pourra s’appuyer pour s’assurer
du sérieux des suivis envers les cétacés et vérifiera la mise en œuvre
de ces mesures indispensables pendant
les travaux et pendant la période d’exploitation ?

La réponse est catégorique car il n’y a aucun engagement de la part de l’opérateur.
Le CEEMP servira en premier lieu l’industrie pétrolière pour les exploitations off-shore alors qu’il se fait valoir comme une expérimentation préfigurant la mise en œuvre
des filières énergétiques renouvelables off-shore pour le développement durable
et la transition énergétique.

L’ACTIVITE DE PÊCHE TRADITIONNELLE MISE EN DEMEURE

L’aire d’implantation d’ABYSSEA croise le « Manteau »,
zone de pêche fréquentée par les équipages du Lavandou et de Cavalaire.

Le lavandou Barque de pêcheurs 2

Cette activité ancestrale et patrimoniale risque de voir
son avenir compromis du fait de l’impossibilité d’approcher
l’aire occupée par le CEEMP  et la confidentialité,
la discrétion, voire le secret-défense à entretenir.

UN SOUTIEN FINANCIER UNANIME,
SANS RETOUR SUR INVESTISSEMENT !

Dans le cadre d’un Partenariat-Public-Privé, le CEEMP, estimé à 12 millions d’€uro,
est financièrement soutenu à 60% par les partenaires publics
tant au niveau européen que local.

Le Fonds Unique Interministériel (FUI)

Dirigé par la Direction Générale de la Compétitivité, de l’Industrie et des Services
(sous l’autorité du Ministère du Redressement Productif) ainsi que
par la Délégation Interministérielle à l’Aménagement et à la Compétitivité des Territoires (sous l’autorité du Premier Ministre), ce fond national soutient la recherche appliquée, pour le développement de produits et de services enclin à pénétrer le marché
dans les 5 années à venir.

Les principales attributions du FUI sont le financement de la R&D collaborative
ainsi que le cofinancement de projets structurant telles que
des plates-formes d’innovation (prestation, location d’équipements, ressources…).

Sa participation dépend de la taille de l’entreprise,
allant de 45% pour les PME à 25% pour les grands groupes.

Le Fond Européen de Développement Régional (FEDER)

Ce fond vise à renforcer la cohésion économique et sociale au sein de l’UE
en équilibrant les disparités régionales.
Son action à l’échelle régionale est basée sur trois thèmes principaux :
l’innovation et l’économie de la connaissance, l’environnement
et la prévention des risques et enfin l’accès aux services de transport
et de télécommunications d’intérêt économique régional.

Plus concrètement, le FEDER finance des aides directes aux investissements
des entreprises (principalement les TPE/PME), des infrastructures liées notamment
à la recherche et l’innovation, aux télécommunications, à l’environnement,
à l’énergie et au transport ainsi que d’autres domaines qu’il semble inutile de préciser ici.

Le Conseil Régional PACA

Le Conseil Régional PACA participe lui aussi au financement du projet
à travers son Schéma Régional de Développement Economique (SRDE).
Uniquement destinée aux projets labellisés par les pôles de compétitivité,
cette aide peut atteindre 60% du coût du projet, dans le cas d’une PME.
D’une durée maximum de 36 mois, le projet ne doit pas excéder
les 1,5 millions d’€uro en coût total et doit être porté
par un laboratoire de recherche et deux entreprises implantés
en région PACA (dont au moins une PME).

Autres sources de financement

Dans le même élan, certaines communautés d’agglomérations
(Toulon, Pays d’Aix, Marseille, Sophia-Antipolis et Nice),
départements (Var, Alpes-Maritimes et Bouches-du-Rhône) soutiennent le projet
via le cofinancement du Pôle-Mer.

La Caisse des Dépôts et Consignations

Institution financière publique historique, la Caisse des Dépôts et Consignations
participe au développement économique du pays en investissant
des projets au service de l’intérêt général.

Du fait que tous les échelons de participation et contribution financiers
sont prévus d’abonder le projet ABYSSEA, on peut exiger un libre accès aux pièces constitutives du dossier et avoir droit à une transparence de procédure.
A ce jour certaines communes littorales ignorent encore la portée,
l’impact voire l’existence d’un pareil projet, les partenaires engagés
et ce pour quoi il a été élaboré.

Des objectifs flous

A la lecture de la demande d’autorisation auprès du préfet maritime
pour laquelle il s’agit « de soutenir les efforts de recherche et développement
des Centres de Recherche et des PME dans le domaine des technologies
sous-marines grands fonds, avec l’ambition d’aider la recherche scientifique et l’industrie à opérer les équipements sous-marins de manière
plus sûre pour les hommes et pour les équipements,

dans un respect total de l’environnement marin et sous-marin. »,
il est difficile de  traduire clairement les objectifs du projet.

En revanche sur le site du Pôle Mer Méditerranée on apprend que
« ces dispositifs ouvriront d’importantes perspectives
aux industries pétrolières minières ».

Par ailleurs dans son dossier de séance du 13 juin 2014 (pièce n°6),
le Conseil Maritime de Façade, dont l’avis est sollicité, précise :
« Les applications sous-marines peuvent être divisées en 4 domaines :
– recherche scientifique, exploitation des ressources sous-marines,

énergies renouvelables, application militaire. »

Il est très complexe de définir les objectifs du projet ABYSSEA
et quels que soient les niveaux de décisions ou de supervision,
les éléments se superposent, s’emboîtent et se traduisent tel un rébus.

Cependant, l’industrie pétrolière off-shore est bien présente
car par recoupement d’informations, on peut démontrer que si les
plates-formes d’ABYSSEA sont prévues respectivement à 1300m et 2400m de profondeur,
les exploitations de grande profondeur ne rencontrent plus d’obstacle technologique majeur jusqu’à -3.000m.

Les exploitations existantes semblent le montrer.
Exemple : le Gisement Tupi au Brésil -3000m, Total assure des forages
et exploitation jusqu’à -3000m, le Champ « Parflor » en Angola où
les unités de traitement sont installées à -1200m sont opérées par des robots mobiles.

Les matériels utilisés sont aussi souvent développés conjointement
avec l’industrie spatiale.

Le projet CEEMP semble donc sous-dimensionné compte tenu du niveau actuel
des technologies disponibles lesquelles nécessiteront inévitablement
une adaptation pour une dimension dont il n’est pas fait état à l’horizon 2030
pour la réalisation de projets complets de production
(appelés DEPTH : Depth Export & Production Traitment Hub).

D’autre part, le pétrole « offshore » est un pari incertain :
beaucoup de pays rencontrent des difficultés quant au coûteux
et complexe développement de ressources supposées exploitables
situées à grande profondeur.

Au Mexique, la production s’épuise inéluctablement, au Brésil les extractions de brut
ont enregistré un recul de 2 % en 2012 malgré l’ouverture au large de Rio de Janeiro
des premiers puits offshore profonds, ou encore en Arctique,
où l’avenir des hydrocarbures
, essentiel pour la Russie
autant que pour le géant américain Exxon
,
est dorénavant présenté comme un mirage
par l’Agence internationale de l’énergie
.

En Afrique, l’Angola ou encore le Gabon fournissent des exemples supplémentaires
de la grande difficulté à maintenir les extractions d’or noir grâce aux plateformes en mer.
Un acteur important de l’industrie pétrolière mexicaine tempère:
« Il est très loin d’être évident que le offshore profond puisse compenser
le déclin des ressources immenses développées jusqu’à aujourd’hui. »

Risques potentiels sur une dérive du développement du projet ?

Les experts sont formels, les forages pétroliers vont se multiplier dans les années
qui viennent en Méditerranée. «Essentiellement dans la partie orientale»,
précise Lucien Montadert, consultant en géologie pétrolière.
Mais pas seulement.

Ces projets offshore seraient peut-être passés totalement inaperçus
s’il n’y avait eu l’accident dramatique dans le golfe du Mexique le 20 avril 2010
de la plate-forme «Deepwater Horizon» qui a provoqué la mort de 11 personnes
et laissé échapper pendant plus de trois mois près de 4 millions de baril de brut.
Cet accident est loin d’être un cas isolé.

On rappellera que la Méditerranée demeure une zone sismique active

et qu’il existe, à ce titre, un double risque :
celui lié aux mouvements tectoniques et celui lié
à la puissance des vagues de fond d’éventuels tsunamis.

«Depuis une trentaine d’années on a recensé dix incidents majeurs dont la moitié
a donné lieu à des marées noires», rappelle le sénateur de l’Aude Roland Courteau
qui a présenté un rapport de l’OPECST
(office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et techniques)
sur la pollution en Méditerranée.
http://www.senat.fr/rap/r10-652/r10-652.html

Nouvelles techniques

A ce jour, cette grande mer semi-fermée compte 245 plates-formes
d’exploitation d’hydrocarbures dont un tiers environ concerne du pétrole.

La très grosse majorité se trouve au large de la Tunisie (43),
l’Italie en compte 13, la Libye 5 et la Grèce 3.
Mais d’ores et déjà, d’autres sont en cours de forage (6 en Égypte, 2 en Italie,
20 en Tunisie, 1 en Croatie) tandis que d’autres projets dans les cartons attendent
le dernier feu vert. Cet engouement s’explique en partie par les nouvelles techniques
de forage qui permettent d’extraire du pétrole des grandes profondeurs.

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« Alors que les industriels foraient dans une dizaine de mètres d’eau
au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les exploitations
à plus de deux kilomètres de profondeur sont aujourd’hui
de plus en plus fréquentes », précise Lucien Chabasson,
conseiller à l’Iddri  (Institut du développement durable et des relations internationales).
Sans oublier que les cours du brut rentabilisent aujourd’hui les forages les plus onéreux.
« Or, la mer Méditerranée est une mer profonde
dont les coûts d’exploitation sont élevés »
, précise ce spécialiste.

Cuves pleines à ras bord

Le sénateur de l’Aude est inquiet. « La gravité potentielle des incidents
de plates-formes est liée aux faiblesses actuelles
de l’encadrement juridique de leur exploitation », regrette-t-il,
sachant que les forages offshore dépendent principalement du droit
des États riverains.
Et pour beaucoup d’entre eux « les préoccupations de sûreté environnementale ne sont pas  dominantes ». 
«L’âge de la plupart des plates-formes suscite de réelles inquiétudes»,
ajoute l’élu.

Un pas a toutefois été franchi en mars 2011 avec l’entrée en vigueur
d’un accord (le protocole de Madrid) sur la pollution résultant de
« l’exploration et de l’exploitation du plateau continental ».
Six pays l’on ratifié mais pas encore l’Union européenne bien
« qu’il couvre un large éventail de sujets: permis de forage,
contrôle de ces permis, inspection à bord…»,
insiste Lucien Chabason.

« En cas d’accident, il n’y a pas d’accord sur la façon de lutter
contre la pollution», regrette de son côté Frédéric Hébert,
le directeur du Rempec (centre régional méditerranéen pour
l’intervention d’urgence contre la pollution marine).
Aux craintes d’éventuelles marées noires liées aux exploitations s’ajoutent
celles en lien avec l’augmentation constante du trafic maritime.
Outre des bateaux de plus en plus gros aux cuves pleines
à ras bord de fuel (20.000 tonnes pour certains d’entre eux) le transport de pétrole
a considérablement augmenté.
« Ce sont 420 millions de tonnes qui transitent aujourd’hui
contre environ contre 300 millions il y a dix ans »,
souligne encore Frédéric Hébert.
Reste qu’aujourd’hui la réalité, c’est toujours celle des bateaux qui nettoient
leurs cuves en pleine mer: entre 100.000 et 250.000 tonnes par an !

Intérêt fallacieux du projet pour les énergies renouvelables ?

L’évocation des énergies renouvelables notamment auprès du Conseil Régional PACA
afin de requérir des subsides n’est en fait qu’une stratégie de « greenwashing »
destinée à s’attirer les bonnes grâces des partenaires financiers.
Aucune trace dans les dossiers consultés de la présence de l’industrie
des énergies renouvelables.
Est-il potentiellement intéressant de faire des essais de matériel
à de telles profondeurs pour les éoliennes en mer…?
(qui généralement ne sont installées que dans des zones dont la profondeur ne dépasse pas les 40m), les centrales marémotrices  ou houlomotrices ?
Les hydroliennes sont également implantées à 30/40m de profondeur.
Tandis que seule l’énergie thermique des mers (ETM) demande
des profondeurs de -1.000m.

Applications militaires cachées ?

Dans la version anglaise du dossier, les arguments mis en avant
ne sont pas les mêmes que dans la version française grand public.
En effet, le domaine d’application militaire est présent
et surtout à plusieurs reprises il met en avant le fait que le projet
se situe dans un domaine militaire inaccessible et sous contrôle.
La DGA est qualifiée de « partenaire actif ».
Si l’île du Levant n’est pas aujourd’hui un site classé,
comme les îles de Porquerolles et Port Cros,
c’est parce qu’un site militaire est présent
avec des activités classées secret défense.

Ce territoire est un point aveugle soustrait à tout contrôle citoyen.
Avec le développement d’applications militaires, le projet ABYSSEA perdra
encore toute possibilité de contrôle et de transparence et rien ne pourra garantir
le respect des mesures de protections environnementales.

LE GROUPE LA VILLE HEUREUSE DU CONSEIL MUNICIPAL DU LAVANDOU)
et étant donné que ;

Sur le plan environnemental, ce site, comportant un sanctuaire Pélagos
protégeant les grands mammifères marins, situé dans l’aire marine adjacente
du Parc National de Port Cros et ayant à répondre aux objectifs
de la Charte du Parc National de Port-Cros, à ceux du Plan d’Action
pour le Milieu Marin est incompatible -même à titre expérimental-
avec un projet voué au développement de l’industrie off-shore pétrolière.

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Sur le plan économique et d’un point de vue de la transition énergétique,
le projet ne répond pas aux exigences actuelles de refonte de notre modèle énergétique.
De plus, il engage des partenaires publics qui ne verront pas leurs contributions financières honorées par des retours sur investissements
en terme de gisements d’emplois et de nouvelles technologies de développement
et d’innovations dans les domaines industriels et énergétiques.

Sur le plan démocratique, ce projet ne désigne pas assez clairement
les attributaires et les récipiendaires, laisse planer un partenariat avec la DGA,
ce qui qui rendra les activités d’ABYSSEA opaques et incontrôlables,
là où la fragilité environnementale demande une transparence totale
et un contrôle permanent pour garantir l’intégrité de ce territoire.

S’OPPOSE SANS EQUIVOQUE
ET EMET UN AVIS DEFAVORABLE

AU PROJET ABYSSEA

Fait au Lavandou, le 17 Novembre 2014,
Jean-Laurent Félizia

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Un temps pour tout, pour tous.

Les dernières quarante-huit heures d’intempéries
que notre commune vient de vivre ont ravivé de cruels souvenirs
pour certaines Lavandourains et certains Lavandourains.

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C’est à eux que s’adresse ce billet par lequel je leur transmets toute mon amitié,
mes vœux de réparation rapide pour les dégats matériels qu’ils auront pu subir
et de réconfort pour les moments d’angoisse vécus,
sans oublier les communes voisines touchées elles aussi
par les pluies violentes qui se sont abattues dans la nuit
de Samedi à Dimanche avec un pic dominical à 8h30.

Les travaux effectués dans le lit du Batailler, l’état des fils d’eaux,
l’engorgement ou les phénomènes d’embâcle des caniveaux
seraient encore à l’origine des dégâts survenus ?

Non, sans user de catastrophisme,
il faut très vite déployer des stratégies pour mettre hors d’atteinte
les riverains qui sont touchés de manière récurrente et systématique
par la brutale montée des eaux à proximité des deux cours d’eaux temporaires
de notre commune en mettant à leur disposition des moyens
de se replier rapidement vers des zones plus sécurisées.

Pratiquer une pédagogie de posture citoyenne face à l’urgence climatique
me paraît pertinent pour éviter d’avoir à déplorer des victimes.
Aujourd’hui, c’est le principal sujet de préoccupation que nous devons avoir.

Car malgré tous les travaux de confortement ou d’élargissement des berges
que nous pourrons dispenser à coup de millions d’€uro,
les ponts qui seront recalibrés et d’après les calculs les plus savants,
les épisodes climatiques que nous connaissons depuis 2008
ne revêtent plus un caractère exceptionnel, décennal ou même centennal.

Ils sont la conjonction d’un réchauffement climatique
connu depuis plus de 50 ans, identifiés et argumentés,
et la pression hasardeuse d’une urbanisation dans des zones
qui autrefois étaient occupées par une agriculture saisonnière
ou par des zones humides qui participaient à la régulation des nappes
par effet tampon entre la terre et la mer.

liste_Rechauffement-climatique_5903

Le temps est donc venu de repenser notre aménagement du territoire
et d’engager des mesures de sauvegarde de l’habitat existant,
avec trois axes de priorités :

– Préserver les dernières zones perméables
pour leur contribution à l’absorption des eaux de surface

– Renforcer où c’est encore possible le cordon dunaire littoral
pour amortir durablement les entrées maritimes
qui seront de plus en plus brutales.

– Mettre en sécurité les populations vulnérables
dans les zones aux abords des deux cours d’eau,
là où les précédentes catastrophes ont laissé des traces.

A ce stade, la politique de salon n’a que faire de déclarations polémiques.

Notre responsabilité à tous est engagée
et le concours de chacun est précieux.

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Le siège d’une résistance pour la démocratie !

Interpellé avec délicatesse par les réseaux socio-locaux
sur la position que je tiendrai
lors du Conseil Municipal du 13 Octobre prochain
et notamment face au boycott d’y participer de M. Saussez,
je veux d’abord préciser que je n’ai aucune leçon à donner à quiconque.

Les raisons invoquées par le chef de file du groupe CAP 2020
sont audibles, les 41 points à l’ordre du jour sont conséquents.

Cependant, pour certains d’entre eux, ils ont été déjà débattus
lors d’une séance « Toutes commissions » le 25 Septembre dernier
au cours de laquelle les débats sur
la Charte du Parc National de Port-Cros
avaient donné lieu à de vifs échanges.

D’ailleurs, j’ai pu constater que sur ce point-là,
le Maire n’avait pas varié sa position qu’il a dit
vouloir aussi conserver parce que c’était sur celle-ci
que les Lavandouraines et les Lavandourains
l’avaient réélu en Mars dernier.

Permettez-moi d’en douter !

Certes, l’ordre du jour est fastidieux.

Il comporte des points importants notamment les rapports annuels de 2013
sur l’eau, l’assainissement, les déchets et le rapport d’activités du SYMIELEC VAR.

Dans ma culture politique, ne pas siéger correspond à laisser le débat en vacance
et une chaise vide qui n’honorerait pas la modeste ambition qui m’habite
de faire vivre les idées pour lesquelles je milite depuis bientôt vingt ans
et notamment celles que je pourrai défendre sur le point précis
de la Charte du Parc National de Port-Cros.

Cette dernière, que j’ai épluchée et cernée au bout de deux nuits blanches
m’a permis de comprendre que l’attitude du Maire du Lavandou était animée
d’une certaine forme de populisme (*) actuellement très en vogue.

En effet, à droite comme à Gauche, tous les partis politiques
agitent les foulards rouges de l’environnement pour débusquer
le coupable d’une société qui connait, crise de confiance,
crise politique, crise économique, crise sociale,  culturelle,
bref des crises pour lesquelles il ne faut pas rajouter de projets
associant économie et écologie.

Il ne manquerait plus que ça !

Cependant, la vraie crise, c’est celle dont on ignore tout de sa sentence irréversible,
le point de non-retour du réchauffement climatique,
lorsque les 4.8°C d’augmentation moyenne de température
auront porté préjudice à la société humaine
et généré des conflits encore plus dramatiques et violents
que ceux générés actuellement par les énergies fossiles.

Port-Cros et sa nouvelle charte est un enjeu capital
pour rentrer dans une ère (aire) apaisée,
apporter des solutions de coopération économique
à un bassin de population -qu’on le veuille ou non-
déjà affecté par les impacts environnementaux
en lien avec le réchauffement climatique.

Ne serait-ce que pour cette responsabilité de débat
au sein de l’assemblée municipale, pour ce sujet en particulier
et laissant le choix à mes deux colistiers d’éventuelles postures différentes,
je siègerai Lundi 13 Octobre lors du prochain Conseil Municipal.

(*) le populisme désigne un complexe d’idées, d’expériences et de pratiques
qu’aucune typologie, si fouillée soit-elle, ne saurait épuiser

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La faute à Duflot ?

La loi Alur = la loi Duflot ?

loi-alur

Pas seulement, loin de là !

La loi pour l’accès au logement et un urbanisme rénové (Alur)
a été définitivement adoptée le 20 février 2014 par le Sénat.
Ce texte, l’un des rares votés en première comme en deuxième lecture
par une large majorité rassemblant l’ensemble de la gauche socialiste,
écologiste, radicale et communiste, concrétise plusieurs engagements
pris par François Hollande durant la campagne présidentielle
et réitérés après son élection, dont, notamment, l’encadrement des loyers.

Ce que vise cette loi, c’est d’apporter des réponses rapides, concrètes et durables
aux difficultés que connaissent les Français dans l’accès à un logement de qualité.

C’est la loi Alur qui est responsable de la crise de l’immobilier

Voilà qui n’a aucun sens.

Aucun chiffre ni aucune étude n’étaye cette affirmation péremptoire.
Et comment d’ailleurs le pourraient-ils ?
Les opérations de logements actuellement mis en chantier
(et donc comptabilisées aujourd’hui) ont été décidées bien avant
que la loi Alur ne soit présentée en Conseil des ministres (juin 2013).
Et cette loi a été promulguée il y a quelques mois à peine
et ses décrets d’application se font encore attendre…

Si les décrets étaient mis en oeuvre, les effets de la loi Alur
sur la construction seraient doubles :

– d’abord, les mesures en faveur du pouvoir d’achat des locataires,
dont l’encadrement des loyers et le plafonnement des honoraires de location, permettraient de donner immédiatement un peu d’air aux budgets
des ménages qui ont été étranglés par la hausse des prix de l’immobilier ;

– ensuite, avec des règles nouvelles d’urbanisme, comme le plan local d’urbanisme intercommunal et les mesures de densification,
elle accélérera la construction d’une nouvelle offre de logements,
qui améliorera à moyen terme les conditions de logement des Français.

Une sortie durable de la crise que connaît le secteur de l’immobilier
passe par une politique de régulation d’un marché livré à lui-même
depuis plus d’une décennie et où les prix se sont envolés,
et par des mesures protégeant le pouvoir d’achat des ménages
ainsi que les familles les plus démunies qui, en temps de crise,
sont à la merci de tous les abus.

Jusqu’à présent, rien n’a été fait en faveur de la construction…

Faux.

Au ministère de l’Egalité des territoires et du Logement,
Cécile Duflot a fait voter trois lois, la loi Alur étant la 3e de ce paquet législatif.
La première loi en facilitant les cessions de foncier public et augmentant
les obligations de construction de logements sociaux a permis
de renforcer la construction de logement social.

La deuxième loi, qui passait par des ordonnances,
a engagé une réforme de l’urbanisme très rapide visant à accélérer
la construction en agissant sur un certain nombre de points de blocage
identifiés par les professionnels eux-mêmes.

Cette série d’ordonnances a notamment permis de renforcer
la lutte contre les recours abusifs, de lever des contraintes inutiles
(places de stationnement) pour favoriser  la densification et
de simplifier les procédures.

Enfin, Cécile Duflot a mis en place une politique de relance de la construction
par le logement social, notamment en obtenant que la TVA soit abaissée
au taux réduit de 5 % sur le logement social et en sécurisant le financement
de celui-ci par une contribution exceptionnelle d’Action logement.

2013, année catastrophique ?
Non.
2013, sans surprise, s’est révélée être une année difficile.
Le nombre de logements dont la construction a commencé en 2013
s’élève à 332 000 unités, soit une baisse de l’ordre de 5 % par rapport à l’année 2012.
Les données de 2013 se situent bien sûr en deçà des besoins et des objectifs ambitieux fixés par le président de la République, qui vise la construction de 500.000 logements
par an d’ici la fin du quinquennat.

Mais, compte tenu de la crise très difficile qu’affronte le secteur du bâtiment
et grâce aux mesures déjà mises en place par le Gouvernement,
ce chiffre ne montre pas de décrochage trop important par rapport
à la moyenne annuelle qui se situe, pour les vingt dernières années,
à 346 000 logements mis en chantier annuellement (source SOeS – dates réelles).
2013 est donc une année de résistance à la crise.
C’est aussi l’année au cours de laquelle le logement social repart à la hausse.
Le nombre de logements sociaux agréés en 2013 s’élève à
117.065 unités (métropole, hors Dom et hors Anru), ce qui représente une hausse de 14 % par rapport à l’année 2012, qui avait enregistré l’agrément de 102.728 logements sociaux (116.106 en 2011).
À noter qu’en Île-de-France, plus de 31.000 logements sociaux ont été financés en 2013 (+15 % par rapport à 2012).

Les municipales, un coup d’arrêt ?
Vrai.
De manière traditionnelle, il existe une période d’attentisme
avant les élections municipales.
Après les élections, les équipes nouvelles mettent un certain temps à valider
les projets de chantier. Cette rupture traditionnelle est d’autant plus forte
lorsque les équipes municipales changent, comme cela a été le cas dans de nombreuses villes en mars dernier.

Le « Duflot » fait-il un flop ?
Pas du tout. 

Pour 2013, 35.300 logements neufs ont étés acquis dans le cadre du dispositif d’incitation fiscale à l’investissement « Duflot » (à noter que cette estimation s’appuie uniquement sur les enquêtes réalisées par la FPI auprès de ses adhérents et ne prend donc pas en compte la production de logements locatifs réalisée hors promotion immobilière).

Le Gouvernement s’était certes donné un objectif initial de 40.000 unités,
on est donc en dessous. Mais la performance du « Duflot » en 2013,
première année de sa commercialisation, est comparable à celle du régime du Scellier
en 2012 (un peu plus de 30 000 sur un périmètre comparable).

Ainsi, d’après les données publiées par la Fédération des promoteurs immobiliers,
au cours des trois premiers trimestres de l’année 2013,
le volume de vente aux investisseurs est stable par rapport
à la même période de l’année 2012 (-0,8 %).

Il est donc totalement faux de dire que ce dispositif n’a pas attiré les investisseurs.
Au contraire, les résultats sont plutôt satisfaisants, pour un nouveau dispositif fiscal
plus sophistiqué que le Scellier, calibré pour construire des logements qui correspondent aux besoins (situation géographique, catégorie intermédiaire, etc.) et dont
l’appropriation par les promoteurs et les investisseurs nécessite
assez logiquement du temps.

Comment expliquer la baisse de la construction ?

Certains commentateurs et leaders politiques d’orientation libérale
ont beau jeu d’attribuer les résultats de la construction en 2013
et l’état du secteur à la politique enclenchée à peine 18 mois plus tôt,
voire même à la loi Alur dont la promulgation a eu lieu début 2014…
Ce n’est pas sérieux.
Dans le secteur de la construction et du bâtiment,
l’impact d’une politique de relance structurelle qui vise à agir
sur la production de foncier pour favoriser la construction de logements
ne peut se mesurer sur quelques mois.
Il faut compter plusieurs années, qui correspondent à la durée de maturation
d’un projet immobilier à compter de la mobilisation de nouvelles opportunités foncières (prospection foncière, définition du programme, début de la commercialisation, délivrance du permis de construire, mise en chantier etc.).

La vérité est que la baisse de la construction s’explique avant tout par une conjoncture économique particulièrement défavorable à l’investissement.
Des prix immobiliers très élevés associés à des anticipations désinflationnistes,
des conditions d’octroi du crédit bancaire qui se durcissent,
une hausse du taux de chômage et une baisse du pouvoir d’achat,
n’incitent pas les ménages à investir dans l’immobilier.

Et ce d’autant moins que les prix de l’immobilier sont en complet décalage
avec leurs moyens.
Ce constat n’est pas spécifique à la France.
Les chiffres de la construction baisse en moyenne dans les pays de l’Union européenne,
et ce depuis 2008 (cf. graphique ci-dessous).

Evolution globale des autorisations de construction des bâtiments résidentiels dans l’Union européenne (source : EuroStat)

Image1

Au contraire, dans ce contexte de chute globale de l’activité de la construction,
la France est (après l’Autriche) le pays européen qui produit le plus de logement
au regard de sa population (source : Deloitte Property Index 2014).
À population égale, la production de logements en France est deux fois plus élevée
que la moyenne européenne.
En résumé, dans un contexte difficile, la France fait mieux que ses voisins.
Dans ce contexte, une relance conjoncturelle massive, qui vise à doper artificiellement
la demande via des avantages fiscaux, à l’exemple du Scellier de première génération
mis en place en 2009, pourrait permettre d’avoir des effets « d’affichage » plus rapides,
en accélérant la commercialisation des logements, mais présenterait de graves inconvénients en matière de hausse des prix du logement et d’inadaptation de l’offre construite aux besoins.

C’est la raison pour laquelle Cécile Duflot a privilégié une relance qualitative
de la construction, plus longue à mettre en oeuvre, mais moins coûteuse
pour les finances publiques et plus efficace sur le long terme.

Aujourd’hui, on solde encore la politique d’à-coups de l’ère Sarkozy
Vrai.

Conséquence d’une vision court-termiste, les précédents Gouvernements
ont limité leur politique de relance de la construction à la mise en place
d’outils qui ont dopé artificiellement le secteur durant plusieurs années
et qui ont contribué à la hausse considérable des prix en France.

Il s’agit, par exemple, du dispositif Scellier première mouture,
non ciblé géographiquement et sans contre-partie sociale,
dont une partie du coût fiscal a été capté par des réseaux de promoteurs spécialisés
dans les opérations de défiscalisation.

Il s’agit également de la mesure introduite par la loi Tepa de 2007,
créant un crédit d’impôt sur le revenu au titre des intérêts d’emprunt supportés
à raison de l’acquisition ou de la construction de l’habitation principale.
Il s’agit enfin de la création d’un prêt à taux zéro (PTZ), ouvert dans le neuf
comme dans l’ancien, et accessible sans conditions de ressources.

Résultat : un impact quantitatif sur le nombre de logements construits indéniable
mais de court terme et sans grande efficacité pour répondre aux besoins de logement,
une dépense publique débridée et une très forte augmentation des prix
(ainsi que des scandales dont ont fait les frais de nombreux investisseurs particuliers).

Dépenses fiscales annuelles des différents dispositifs d’aides
à l’investissement locatif

2014
– Crédit d’impôt sur le revenu au titre des intérêts d’emprunt supportés à raison
de l’acquisition ou de la construction de l’habitation principale : 1 175 M€
– Scellier : 660 M€
– Scellier intermédiaire : 330 M€
– Robien : 270 M€
– Estimation pour le dispositif « Duflot » : 35 M€

2013
– Crédit d’impôt sur le revenu au titre des intérêts d’emprunt supportés à raison
de l’acquisition ou de la construction de l’habitation principale : 1 465 M€
– Scellier : 620 M€
– Scellier intermédiaire : 310 M€
– Robien : 450 M€

2012
– Crédit d’impôt sur le revenu au titre des intérêts d’emprunt supportés à raison
de l’acquisition ou de la construction de l’habitation principale : 2 100 M€
– Scellier : 450 M€
– Scellier intermédiaire : 225 M€
– Robien : 450 M€

En cours d’année 2012, ces outils ont été rabotés et corrigés, mais au final,
on est aujourd’hui dans une situation où les dépenses fiscales liées aux prédécesseurs
du « Duflot » demeurent très élevées et où les prix ont atteint artificiellement
des niveaux non soutenables.
La baisse actuelle de l’activité du secteur de l’immobilier est le contre-coup
de cette politique de dopage fiscal.

Pour une relance durable de l’immobilier;

Comme ministre, Cécile Duflot a engagé une politique volontariste et inscrite
dans la durée, qui vise un double objectif : assainir le marché pour relancer le secteur
de façon durable et maîtriser les prix de l’immobilier (pour la construction, mais aussi pour le locatif), afin de protéger le budget des ménages qui,
comme la compétitivité, est fortement impacté par les coûts du logement.

Volontarisme avec une politique de relance engagée avec succès dans le secteur du logement social (TVA réduite à 5 %, engagement d’Action logement, mobilisation des fonds d’épargne, etc.) et dont les effets contra-cycliques sont déjà perceptibles, puisque le logement social repart à la hausse (voir page 2).

Le pacte d’objectifs et de moyens conclu entre l’État et le monde HLM en juillet 2013 commence déjà à porter ses fruits.
Une politique qui s’inscrit dans la durée avec un objectif de modération des prix.
Le développement dans la durée du secteur de la construction
passe par une maîtrise des prix.
Le dopage réalisé durant la dernière décennie s’est accompagné
d’une hausse des prix (au mètre carré dans l’ancien) en France alors qu’ils baissaient
dans la plupart des pays d’Europe.

La France est l’un des pays les plus chers d’Europe en termes de logement :
s’y loger coûte 41 % plus cher que la moyenne des coûts du logement en Europe.

Le neuf coûte entre 3 500 et 4 000 euros le mètre carré, ce qui classe la France
parmi les pays les plus chers d’Europe avec le Royaume Uni et l’Irlande
(étude cabinet Deloitte, 2014). Paris, où la moyenne des prix dépasse 8.000 euros
par mètre carré dans le neuf) est ainsi devenue la deuxième ville la plus chère d’Europe, derrière seulement Londres.

Après cette période de hausse alimentée par les dispositifs fiscaux des précédents Gouvernements, l’année 2012 et l’année 2013 enregistrent ainsi une stabilisation du marché qui s’est traduite par une légère baisse des prix
de l’immobilier dans l’ancien et une stabilisation dans le neuf.

Ainsi, à la fin du troisième trimestre 2013, l’indicateur Insee-notaires montre
une baisse sur un an, de -1,2 % pour les prix des appartements et de -1,6 % pour
ceux des maisons.

Il s’agit d’une très grande différence avec le Royaume-Uni,
où les prix repartent nettement à la hausse, à cause notamment des politiques d’incitation fiscales mal maîtrisées mise en oeuvre dans ce pays.
Enfin, sont déjà en vigueur de nouveaux dispositifs de solvabilisation de la demande
qui ont tiré les leçons des excès commis par leurs prédécesseurs : le PTZ recentré sur
le neuf et renforcé pour les ménages modestes, et le dispositif d’aide à l’investissement locatif incitatif (le « Duflot ») mais assorti de réelles contreparties sociales et ciblé
sur les territoires où existent de véritables besoins.

Ce qui était prévu pour 2014…

Poursuite de l’effort en faveur du logement social via la mise en oeuvre du pacte
avec le monde HLM, qui devait permettre d’ici à 2015 de passer à 150 000 logements sociaux produits par an et d’atteindre ainsi avec deux ans d’avance l’objectif fixé
par le président de la République à 2017.

Mise en place des 50 mesures de simplification, qui visent à relancer la construction
à moyen terme : vantées aujourd’hui le Gouvernement Valls, toutes ces mesures
avaient toutes été répertoriées et présentées par Cécile Duflot en mars dernier.

Sécurisation de la légère baisse des loyers amorcée fin 2013 : l’encadrement des loyers devait entrer en vigueur sur la région parisienne dès la rentrée de 2014,
puis s’étendre progressivement sur les 28 agglomérations les plus tendues.

Développement du logement intermédiaire et retour des investisseurs institutionnels,
sur la base de l’ordonnance présentée par Cécile Duflot en Conseil des ministres
le 20 février 2014.

Défense du pouvoir d’achat avec notamment l’entrée en vigueur
(qui avait été calée pour Juin 2014) du décret d’Alur pour plafonner
les frais d’agence incombant aux locataires.

Le Gouvernement Valls prétend accélérer : en réalité, il est en retard par rapport
à ce qu’avaient enclenché Cécile Duflot et le précédent Gouvernement.

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Palmiers en danger ou comment tenter le diable !

Suite à la parution le 29 Juillet dernier dans les colonnes de VAR-MATIN
d’un article relatif à l’emploi de l’Emamectine-Benzoate
par les services Espaces Verts de Bormes-Les-Mimosas
sur les palmiers de sa commune atteints du Charançon rouge,
il était bon de rééquilibrer les informations diffusées afin que les lecteurs
ne croient pas à la découverte d’une panacée aux effets inoffensifs.

Tout d’abord l’emploi du mot biologique
pour l’emamectine-benzoate ne convient pas.

Ou alors, au prétexte que ce produit est issu de la fermentation d’une bactérie,
il faut illico presto reclasser dans le jargon « Bio » tous les produits d’origine naturelle
comme le cyanure, le botox ou le curare.

Pour rappel, tous les produits chimiques dans quelque contexte que ce soit,
tiennent pour origine une matière active naturelle qui a été synthétisée
et multipliée à l’infini en vue de sa commercialisation.

Endothérapie

Nombre de ces matières synthétiques sont bien loins d’être biologiques.

D’ailleurs, il n’y a qu’à lire la fiche de données de sécurité
fournie par SYNGENTA AGRO :

“ Conditions d’emploi:
– Pour protéger les pollinisateurs, supprimer les inflorescences avant la floraison
des palmiers chaque année pendant toute la durée du traitement
et au moins un an après l’arrêt de celui-ci.

R20 NOCIF PAR INHALATION
R36 IRRITANT POUR LES YEUX
R48/22 NOCIF : RISQUE D’EFFETS GRAVES POUR LA SANTE EN CAS D’EXPOSITION PROLONGEE PAR INGESTION
R68/20/21/ NOCIF : POSSIBILITÉ D’EFFETS IRREVERSIBLES PAR INHALATION,
PAR CONTACT AVEC LA PEAU ET PAR INGESTION
R50/53 : TRES TOXIQUE POUR LES ORGANISMES AQUATIQUES, PEUT ENTRAINER
DES EFFETS NEFASTES A LONG TERME POUR L’ENVIRONNEMENT AQUATIQUE.”

Avec l’article réducteur de notre quotidien préféré, on le voit, les laboratoires phytopharmaceutiques continuent à entretenir le débat tronqué
du sauvetage assuré des palmiers par des moyens dangereux
pour l’Homme et son environnement.

L’emploi de l’émamectine-benzoate à raison de huit fois par an,
tel que préconisé, ne résout pas pour autant l’efficacité d’une méthode de lutte
que l’on a toujours voulu résoudre par l’emploi de moyens chimiques durs.

Imidacloprid (Confidor), endothérapie,
ces méthodes de prophylaxie ont toutes démontré leur limite
malgré des appuis politiques curieux jusque dans les sphères
les plus hautes de l’état et de ses services agréés.

Alors qu’on fait fi de moyens alternatifs qui, inoffensifs pour l’homme,
pourraient s’avérer plus efficace -c’est déjà prouvé pour certains d’entre eux (Nématodes),
on enferme le débat dans une combat de chapelles.

L’emamectine-benzoate qui a reçu son examen de passage pour l’homologation
requiert depuis le 29 Janvier dernier par l’ANSES
(Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail) une demande de changement de l’adjuvant THFA (tétrahydrofurfurylique)
utilisé dans le produit pour raison cancérigène dans un délai de un an…

Cette même agence a demandé à ce que l’emamectine soit reconduit
dans son expérimentation quatre années supplémentaires.

Lien utile : http://www.actu-environnement.com/ae/news/reproduction-toxicite-thfa-solvant-classification-reglement-14362.php4

Pour la petite histoire, San Remo, Bordighera et Imperia,
trois villes italiennes de la Riviera viennent d’interdire l’accès à la voie chimique
de l’emamectine sur leurs palmiers préférant des alternatives plus sûres
pour la santé de leurs administrés et de leurs jardiniers.

En Espagne (Elche) sous les palmiers atomisés au moyen de l’Emamectine,
il est conseillé de ne pas stationner sous les sujets,
étonnant pour un produit dit « Bio », non ?

Enfin et sans jeter la pierre à quiconque, une commune se doit de garder une certaine neutralité quant à l’indication qu’elle donne sur le choix d’une stratégie de lutte.

A lire l’article on pourrait s’abandonner au raccourci facile,
à savoir que Bormes-les-Mimosas comme d’autres communes
en quête de solutions coûte que coûte mangent la soupe à l’émamectine.

Or, à l’heure actuelle, nul ne sait ce que l’avenir réserve
à notre palmeraie méditerranéenne.

Le Charançon rouge (Rhyncophorus ferrugineus), originaire de Malaisie,
a succédé à un autre parasite le Papillon palmivore (Paysandisia archon).

Rhynchophorus ferrugineus

Les premiers sujets de palmiers atteints ont été détectés officiellement
en 1994 en Espagne mais le parasite semble avoir été introduit plus tôt
via l’Egypte par des échanges commerciaux classiques.

Les consignes phytosanitaires de quarantaine
n’ont manifestement jamais été respectées.
Logiquement tout palmier à l’exportation est mis en quarantaine
un an chez le pépiniériste fournisseur et un an encore chez les revendeurs.

L’insecte, longtemps regardé de haut par les pouvoirs publics
a pu creuser son sillon dans le paysage circumméditerranéen
avant de toucher à des emblèmes de la Côte d’Azur
et de susciter une prise de conscience en 2010, (http://agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/AGRG1019588A.pdf )
puis en 2011 (http://agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/DGALN20118076Z.pdf)

Aujourd’hui son spectre d’impact dépasse largement
le seul Phoenix canarien (Phoenix canariensis) pour saisir des opportunités
que lui permet la présence du Papillon palmivore ayant plusieurs années d’avance
sur son comparse et des espèces de palmiers à son actif.

Paysandisia_archon_MHNT_Fronton

Chamaerops, Washingtonia, Jubaea, Livistona, et autre Phoenix dactylifera,
ces espèces de palmiers qui n’étaient pas vouées initialement à être atteintes
par le Charançon mais qui ont été visitées et forées, voient leur pérennité mise en danger.

Alors que faire ?

1- Tout d’abord, ne pas céder à la tentation du « TOUT CHIMIQUE »
que proposent les marchands du temple.

2- Trouver des subterfuges pour attirer les populations de charançons
dans des zones moins peuplées en palmiers et mettre en place
un nombre de pièges à phéromones pour capturer les adultes en vol.

Rhyncotrak

3- Faire pression auprès du Ministère de l’Agriculture pour que
puisse se mettre en place une TVA exonérée sur l’abattage
ou le traitement des palmiers attaqués, atteints ou morts afin
que les particuliers puissent participer à une lutte mutualisée sans faille de foyers
de charançons laissés en ordre de bataille prêts à essaimer dans des zones alentours.

4- Activer aussi les services du Ministère de l’Agriculture habilités
à officialiser par homologation l’usage de produits moins nocifs
et même plus efficaces afin de multiplier les possibilités de lutte curative
car au regard du rapport de l’ANSES
(Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) relatif à une demande d’appui scientifique et technique sur l’utilisation d’un insecticide à base de Beauveria bassiana (OSTRINIL®) dans la lutte contre le charançon rouge du palmier https://www.anses.fr/sites/default/files/documents/DPR2012sa0132.pdf
on se demande encore pourquoi il faut si peu de temps pour
officialiser l’Emamectine-benzoate et ses procédés contestables
alors que d’autres moyens prophylaxiques plus respectueux
de l’environnement et de la santé des Hommes attendent
encore leur entrée en lice ?

5- Planter des palmiers de petites tailles pour remplacer ceux qui ont disparu,
multiplier la diversité des espèces et oser comme l’ont fait les italiens relancer
notre palmeraie par une plantation massive dans les parcs et jardins.
Les jeunes palmiers moins pourvus de fibres semblent
moins sujets à des attaques de parasites palmivores.

Palmeraie Bordighera

Et puis, c’est un geste salutaire et Ô combien symbolique,
un pied de nez aussi à l’égard de ces marchands qui,
pour nous faire gagner soi-disant du temps ont introduit des palmiers infestés
et ont contribué à l’effondrement d’un paysage emblématique
construit lentement grâce à la passion de jardiniers qui, il y a 180 ans,
avaient imaginé une Côte d’Azur à l’ombre de ces palmiers…

Palmiers (Carte postale Hyères)

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ABYSSEA ou le projet qui empêche les poissons de dormir !

A l’heure où notre station balnéaire est à l’épreuve de sa saison estivale,
l’attention des esprits est ailleurs…certainement pas à cogiter
sur l’importance d’un projet Off-Shore de grande envergure
qui se trame et prépare sa sortie des cartons en silence, dans la plus grande opacité.

Depuis 2010, un des plus importants projet qui puisse impacter notre grande bleue
et permettre aussi aux énergies fossiles de poursuivre leur épopée est en passe
de s’implanter en arrière-plan des Iles d’Hyères.

bases-test-iles-du-levant

ABYSSEA, c’est son nom, ainsi que celui de sa société, est un projet de création
d’un Centre d’Essai et d’Expertise en Mer Profonde (CEEMP)
au large des îles du Levant d’un montant approximatif de 13 millions d’euros,
financé par le Pôle Mer de la Région PACA et la Caisse des Dépôts et Consignations.

Fiche technique Abyssea.1Fiche technique Abyssea.2

Celui-ci prévoit l’implantation de deux plates-formes sous-marines,
placées à 1.300 et 2.400 mètres de fond et qui seront installées au large de l’île du Levant,
à proximité du Sanctuaire Pélagos (http://www.sanctuaire-pelagos.org/fr/).

Il faut savoir qu’en Méditerranée, les explorations se multiplient.
On recense aujourd’hui près de 232 plates-formes pétrolières !

C’est une zone très riche qui attire les industriels en quête de nouvelles ressources.

ABYSSEA, en terme élogieux et rêveur, cela ferait presque songer
à un conte extraordinaire de Jules Verne, or c’est juste une société
où tous les actionnaires sont des PME du Pôle Mer Méditerranée
liées à la filière pétrolière off-shore.

Concrètement, c’est une plateforme sous-marine – on lui préfère l’appellation « station » pour éviter la confusion avec une plateforme pétrolière- où il sera possible de brancher
des appareils, capteurs, robots, valves, instruments et robots…devant évoluer
dans les grandes et très grandes profondeurs.

Pour imager, c’est une grosse multiprise de courant (6 branchements)
avec un câble d’alimentation électrique à 1.300 mètres sous l’eau et
avec caméra et flux de données pour suivre les tests d’équipements.

La 1ère étape commence avec une installation à 1.300 mètres (9 à 12 mois de travaux) qui,
si le chiffre d’affaires et les essais sont nombreux à cette profondeur,
ouvrira la porte à l’installation d’une autre station à 2.400 mètres de profondeur.

Le coût total s’élève à 12 M€ dont 5 M€ pour la station à 1.300 mètres
et 7 M€ prévus si la station à 2.400 mètres se réalise.

Un câble de 12 km relira la plateforme immergée
à l’Ile du Levant (site militaire) avec le poste de contrôle à terre,
d’une puissance 500kW maximum
(NDLR : la 1ère demande était de 1 MW, très forte puissance, non délivrable par la Défense via la DGA depuis l’Ile du Levant).

Rien ne dit s’il sera pérenne où dépendant d’une servitude encadrée
par une concession ou un bail.

Les domaines concernés par cette implantation concernent tout ce qui touche
à la recherche, exploitation pétrolière et minière offshore et en grande profondeur.

Il n’y a aucun projet de tests d’équipement ou de recherche en vue des énergies renouvelables sous-marines par grand fond : motif pourtant avancé dans le dossier d’instruction de subvention régionale à hauteur de 600.000,- € (versée en 2011).

La Région PACA s’est bel et bien fait rouler dans la farine !

Il n’y aura pas de forage pétrolier ou gazier à cet endroit, c’est une station de tests
pour ce domaine d’activité (offshore profond) mais pas sur ce lieu précis.
Aucun fluide pétrolier ne sera testé sous l’eau sur cette plateforme.

Cependant, c’est une 1ère mondiale si le projet se réalise car cela offre un lieu
de tests à faibles coûts pour les entreprises liées au monde de l’off-shore pétrolier.
Pour tester dans des conditions semblables du matériel pour exploitation en grandes profondeurs, il faut des navires sur zones (loin des côtes), beaucoup de logistique,
des conditions météo très clémentes…cela coûte des centaines de milliers de dollars
par jour actuellement.

L’Etude d’impact menée par CREOCEAN, déposée en préfecture en décembre 2012,
subit des va-et-vient avec les services de la DDTM qui soulèvent des interrogations,
cette étude est à l’heure actuelle non communicable.

A noter que ce laboratoire qui travaille en étroite collaboration avec TOTAL
pour l’amorce de ses plateformes pétrolières, connait bien le sujet
pour l’avoir déjà éprouvé en d’autres lieux sur la planète.
(http://www.creocean.fr/contenu/,references,4?idzg=-&idp=-&idtheme=6)

Même si CREOCEAN affirme que l’impact sur les grands mammifères marins est nul,
on sait par des contre-expertise que les nuisances sonores pertuberont la vie des baleines,
dauphins et autres pensionnaires du sanctuaire PELAGOS.

actualité-pelagos-2012

Curieux aussi dans ce projet, c’est la collusion à laquelle on pourrait conclure
entre les porteurs de ce projet et le parcours professionnel du Directeur
du Pôle Mer Méditerranée, (ancien directeur de Cybernetix, « acteur leader dans les technologies sous-marines et la robotique pour l’Onshore et l’Offshore pétrolier »)
http://www.cybernetix.fr/ …mais c’est sans doute une vue de l’esprit !

Par ailleurs, pas de méprise, il faut se garder de toute confusion entre le projet
de plateforme pétrolière au large de Toulon (« permis Rhône maritime, MELROSE »
soumis à une forte mobilisation/ Trafalgar des pétroliers, collectifs citoyens)
et ce projet de plateforme sous-marine « dédiée » aux activités de recherches
et de mise en condition de matériel et technologies pouvant être utilisées
dans l’exploitation pétrolière même si de l’un à l’autre,
il n’y a qu’un câble à brancher…

Il y a cependant un flou sur la localisation du site qui fut tout d’abord prévu
au Sud de l’Ile du Levant puis décalé à l’Est sur injonction de la Préfecture maritime
ce qui implique plus de contraintes notamment vis-à-vis des activités de la DGA
pour ABYSSEA.
Les raisons de la re-localisation n’étaient pas clairement exprimées.

Pour en finir sur le sujet il est regrettable que 600.000,- €uro de la Région
furent employés pour aider les groupes pétroliers à tester du matériel, des procédures
et des technologies pour aller chercher toujours plus profond de l’énergie fossile
aux fonds des mers et des océans…alors que l’innovation et ses retombées économiques par le biais des énergies renouvelables n’en finissent plus d’agoniser…

L’Enquête publique annoncée tantôt pendant l’été devrait être lancée fin 2014 début 2015.
Les citoyens lanceurs d’alerte auront donc leur mot à dire, mais, à ne pas en douter,
la lutte devra s’organiser et faire appel à d’autres méthodes plus percutantes
sur le plan médiatique, citoyen et juridique.

Les élu(e)s du littoral, aussi, devront se mobiliser et s’opposer vivement à ce projet
qui risque de mettre en péril l’avenir de notre littoral méditerranéen,
sa vie marine et son activité touristique.

Espérons que la beauté de nos paysages et son lien indéfectible
avec l’envie de plusieurs milliers d’individus de les contempler
prévaudrons sur l’intérêt particulier de quelques pétroliers !

Plus d’informations :

http://projet-eyesea.reaco.fr/

http://projet-eyesea.reaco.fr/interview/la-deputee-europeenne-michele-rivasi-contre-le-projet-du-ceemp/

http://www.non-aux-hydrocarbures-en-mer.org/index.php/component/content/article/14-articles-exemples/131-le-groupe-semaphore-des-abysses

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Osons la responsabilisation et l’innovation !

Voilà 4 mois que le Conseil municipal
s’est mis au travail et que nous participons activement
aux commissions ouvertes à notre groupe
selon la volonté affichée par le maire
dès la première assemblée commune.

Aujourd’hui, nous osons parier sur une transversalité
entre les thématiques abordées dans ces commissions
en attendant avec impatience une première réunion
des commissions Finances et Urbanisme.

Ce travail coopératif devrait favoriser la mise en place
de méthodes de gestion responsabilisantes
et aller dans le sens de l’innovation.

Nous ne cessons de marteler notre attachement
au développement d’outils permettant à la fois
l’écoute et le suivi des décisions,
un contrôle de gestion plus fin pour aller
vers plus d’efficacité et de réactivité dans les services;
générer une économie de moyens non négligeables
dans l’état actuel des finances de la ville
et la réduction avérée des dotations de fonctionnement de l’Etat.

Fort de notre assiduité aux commissions,
nous resterons vigilants sur les améliorations à apporter
aux personnes en situation de handicap ou à mobilité réduite,
aux travaux que la ville s’est engagée d’effectuer en régie afin de résoudre
l’accès à tous les commerces et restaurants.

La collectivité se doit d’impulser des politiques publiques pour plus d’égalité.
Et elle en est capable car même si nous défendions initialement la régie coopérative
et participative, nous saluons la mise en place du service « Noctambus »
qui sans être une panacée aux dérives de la nuit,
devrait limiter les risques encourus par nos jeunes souhaitant faire
la fête au Lavandou qui se mettent en danger
sur les routes à la pointe du jour.

Nous suivrons avec vigilance les objectifs ambitieux fixés par
la Commission Environnement et Développement Durable
et une feuille de route ciblant des efforts en direction
de la gestion des déchets, des pistes d’énergies renouvelables,
des aménagements de jardins (Villa Van Rysselberghe)
et bien évidemment de la protection des palmiers.

Sur tous ces sujets et la gestion que cela engage,
nous sommes mobilisés et espérons que la dynamique
qui les animera fera émerger anticipation et mise en place
d’équipes jeunes, entrepreneuriales
dans une diversité de profils et de compétences.

Nous exprimons toutefois nos regrets concernant
la fermeture d’une classe de maternelle au Lavandou
et des effectifs surchargés dès la rentrée 2014,
ainsi que le mouvement de panique vécu chez nos amis plagistes
suite au renouvellement de 18 lots de plage
dont la procédure d’attribution mérite
d’être plus rigoureuse la prochaine fois.

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Un cépage, un terroir, des Hommes !

Première réussie pour cet évènement qui aura su malgré,
les foudres contre lui, attirer la foule des grands soirs,
un public attentif lors des conférences/débats au Centre Culturel
et faire chanter les papilles lors des séquences de dégustation
au Domaine de l’Anglade, à la Villa Méridienne de Cavalière.

Ces quatre jours augurent d’une seconde édition
encore plus belle et riche en surprise.

affiche-premieres-rencontres-internationales-un-cepage-un-terroir-des-hommes-2014-n5

A notre étonnement, nous n’avons pas compris
le manque de mutualisation entre les services municipaux.

Car même si l’Office du Tourisme du Lavandou est une structure
à part entière et en dehors des services municipaux,
l’évènement Un cépage, un terroir, des Hommes est bel et bien
source d’animation, apport de culture et nourricier de l’activité touristique…

Pourquoi tant de cloisonnement entre les services ?

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