ABYSSEA…on n’en veut pas !

INTRODUCTION

Ce projet dit « expérimental » intervient dans un contexte particulier
puisque la loi GIRAN N° 2006-436 du 14 avril 2006 relative
aux parcs nationaux, aux parcs naturels marins et aux parcs naturels régionaux et consolidée le 1er Janvier 2014
prévoit
une extension du périmètre du Parc National de PORT-CROS
et depuis fin 2012 a ouvert l’écriture concertée entre partenaires sociaux-économiques, représentants associatifs et éluEs d’une charte d’adhésion pour entrée
en vigueur 2015 et pour une durée de 12ans.

Cette Charte dont l’approche est véritablement démocratique
vient de faire l’objet le 17 Octobre 2014 d’un vote à l’unanimité
des groupes d’éluEs sans distinction en session plénière du Conseil Régional PACA.

Par ailleurs, il est important de rappeler qu’un permis d’exploration (Rhône Maritime)
et à plus ou moins moyen terme d’exploitations d’hydrocarbures par moins 2.500m
avait été demandé pour prorogation par la Société MELROSE en 2011/2012
à seulement quelques milles des stations projetées aujourd’hui.

Plan d'implantation

Ce projet, aussi opaque qu’il soit, est sensé créer
un Centre d’Expertise et d’Essais en Mer Profonde (CEEMP),
par le biais de l’installation de deux  plates-formes sous-marines
dans le canyon des Stoechades, l’une dans un premier temps à 1.300m
puis l’autre à 2.400m de profondeur.

Enfin, et c’est le premier paradoxe, ce projet estimé à près de 12 millions d’€uro
est supporté financièrement par des partenaires publics dont la participation
peut atteindre les 60% du coût global d’investissement du projet.

LE SITE, UN CHOIX CURIEUX !

Une première fois modifiée par le Préfet maritime,
ce projet n’offre aucune visibilité quant à des choix alternatifs d’implantation
au cas où l’emplacement repéré soit source de complication
ou d’imperfection contextuelle.

Est-ce à dire que la zone a d’ores et déjà fait l’objet de sondages ou de repérages ?

D’autant plus que la zone définitive se trouve en plein  cœur de la zone prévue
pour aire maritime adjacente du Parc National de Port-Cros et que la Charte
prévoit dans son ambition n°3 (page 191) de,
« soutenir une économie de proximité en encourageant
la coopération inter-filière et les initiatives économiques porteuses
d’une plus-value sociale et environnementale » et aussi
« participer au développement durable de l’économie maritime et littorale » et encore « sur les îles, initier et soutenir des activités économiques génératrices d’une plus-value environnementale ».

 Tracé des câbles

De plus, le choix de l’ïle du Levant et du Canyon des Stoechades est inopportun
du fait des protections environnementaleset des impacts prévisibles du projet
avec des câbles en zones sensibles, classées Natura 2000 et ZNIEFF
(biodiversité remarquable, herbiers de posidonie, sables et graviers sous influence
des courants de fond, sables fins,roches médio et infralittorales). 

A quelques encablures du sanctuaire Pélagos,
zone de protection des mammifères marins en Méditerranée,
les écosystèmes seront sans nul doute perturbés par l’installation des câbles,
des plates-formes, de leur relevage au bout des 30 années maximum
de concession et pendant l’exploitation et la maintenance du fait
des champs électromagnétiques, des élévations de températures,
des émissions sonores, turbidité, contamination chimique ou microbiologique…

IMPACTS NOCIFS SUR LA VIE ANIMALE ET VEGETALE

Les espèces animales directement menacées par le projet sont :

* Les tortues marines,
* Les cétacés dont le dauphin bleu et blanc, le dauphin de Risso,
le globicéphale noir, le grand dauphin, la baleine à bec de Cuvier,
le rorqual commun et le cachalot,

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Remarques : Ces espèces ont été identifiées et répertoriées
par différentes études au niveau du talus continental
du canyon des Stoechades au cours des mois d’août et de septembre
où il devient le principal site d’occupation pour
les dauphins de Risso et les Globicéphales, tandis que
pour le cachalot, espèce vulnérable, ce site est une zone de nourrissage.

Mais aussi :

* La grande nacre, espèce protégée,
le plus grand mollusque bivalve de Méditerranée.

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* Les Herbiers de posidonies précieux pour le maintien
de la biodiversité et de l’écosystème qui en dépend.

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DES PAYSAGES REMARQUABLES SOUS-MARINS EN DANGER

De 0 à 20 mètres de fond, la Calanque de la Carbonnière  (Départ des câbles)
inclut un site à caractère paysager remarquable,
selon les critères de classements des paysages sous-marins.

Aussi, les conclusions de l’étude des incidences Natura 2000 sont claires :
« Le projet du Centre d’Expertise et d’Essais en Mer Profonde
est susceptible d’avoir des incidences significatives si les précautions émises
ne sont pas ou mal appliquées. »

On peut aussi émettre un doute sur l’étude d’impact réalisée
par la société CREOCEAN, dont les domaines d’actions
concernent l’environnement marin,
l’aménagement côtier ainsi que les opérations offshore.
Cette société est liée à TOTAL pour qui elle a l’habitude de travailler.
Ses conclusions se veulent rassurante, avec des impacts légers à modérés,
voire nuls et minimisés, grâce à des mesures de précautions
aux différentes étapes du projet.

Cette étude équivoque ne peut satisfaire au besoin d’une neutralité
et d’une honnêteté scientifique la pertinence d’une installation
quand celle-ci est émise par un organisme juge et parti.

Certains documents institutionnels cadrant les activités en mer comme
le PAMM (Plan d’Action pour le Milieu Marin) indiquent clairement
qu’un projet ABYSSEA est incompatible avec ses objectifs
qui pour les rappeler sont :

* Maintenir en bon état de conservation
les habitats profonds des canyons sous-marins ;

* Limiter les risques d’étouffement des habitats
d’intérêt patrimonial ou écosystèmes marins vulnérables
des têtes de canyons par des activités anthropiques
générant des dépôts divers ou la remise en suspension de sédiments ;

* Atténuer le dérangement acoustique des mammifères marins
par les activités anthropiques ;

et concluant… à la nécessité de
renforcer la réglementation dans le sanctuaire Pélagos !

Contrairement à l’avis de l’autorité environnementale produit
le 5 Septembre 2014 estimant que les objectifs du PAMM
sont compatibles avec le projet, des doutes majeurs subsistent quant à :

– La protection des mammifères marins et à leur extrême sensibilité sonore
perturbant leur trajectoire et rendant confuse leur organisation sociale particulière.

L’étude d’impact note d’ailleurs à plusieurs reprises
des connaissances scientifiques insuffisantes dans ce domaine et même
si ABYSSEA prévoit un système de surveillance acoustique ainsi
qu’une alarme automatique en cas d’émission sonores susceptibles
de perturber les cétacés.

Ce dispositif de précaution basé sur un système
d’enregistrement acoustique des cétacés pourrait être
incompatible avec la confidentialité à préserver des essais militaires.
Quelles garanties seront apportées et sur quel organisme de contrôle indépendant le citoyen pourra s’appuyer pour s’assurer
du sérieux des suivis envers les cétacés et vérifiera la mise en œuvre
de ces mesures indispensables pendant
les travaux et pendant la période d’exploitation ?

La réponse est catégorique car il n’y a aucun engagement de la part de l’opérateur.
Le CEEMP servira en premier lieu l’industrie pétrolière pour les exploitations off-shore alors qu’il se fait valoir comme une expérimentation préfigurant la mise en œuvre
des filières énergétiques renouvelables off-shore pour le développement durable
et la transition énergétique.

L’ACTIVITE DE PÊCHE TRADITIONNELLE MISE EN DEMEURE

L’aire d’implantation d’ABYSSEA croise le « Manteau »,
zone de pêche fréquentée par les équipages du Lavandou et de Cavalaire.

Le lavandou Barque de pêcheurs 2

Cette activité ancestrale et patrimoniale risque de voir
son avenir compromis du fait de l’impossibilité d’approcher
l’aire occupée par le CEEMP  et la confidentialité,
la discrétion, voire le secret-défense à entretenir.

UN SOUTIEN FINANCIER UNANIME,
SANS RETOUR SUR INVESTISSEMENT !

Dans le cadre d’un Partenariat-Public-Privé, le CEEMP, estimé à 12 millions d’€uro,
est financièrement soutenu à 60% par les partenaires publics
tant au niveau européen que local.

Le Fonds Unique Interministériel (FUI)

Dirigé par la Direction Générale de la Compétitivité, de l’Industrie et des Services
(sous l’autorité du Ministère du Redressement Productif) ainsi que
par la Délégation Interministérielle à l’Aménagement et à la Compétitivité des Territoires (sous l’autorité du Premier Ministre), ce fond national soutient la recherche appliquée, pour le développement de produits et de services enclin à pénétrer le marché
dans les 5 années à venir.

Les principales attributions du FUI sont le financement de la R&D collaborative
ainsi que le cofinancement de projets structurant telles que
des plates-formes d’innovation (prestation, location d’équipements, ressources…).

Sa participation dépend de la taille de l’entreprise,
allant de 45% pour les PME à 25% pour les grands groupes.

Le Fond Européen de Développement Régional (FEDER)

Ce fond vise à renforcer la cohésion économique et sociale au sein de l’UE
en équilibrant les disparités régionales.
Son action à l’échelle régionale est basée sur trois thèmes principaux :
l’innovation et l’économie de la connaissance, l’environnement
et la prévention des risques et enfin l’accès aux services de transport
et de télécommunications d’intérêt économique régional.

Plus concrètement, le FEDER finance des aides directes aux investissements
des entreprises (principalement les TPE/PME), des infrastructures liées notamment
à la recherche et l’innovation, aux télécommunications, à l’environnement,
à l’énergie et au transport ainsi que d’autres domaines qu’il semble inutile de préciser ici.

Le Conseil Régional PACA

Le Conseil Régional PACA participe lui aussi au financement du projet
à travers son Schéma Régional de Développement Economique (SRDE).
Uniquement destinée aux projets labellisés par les pôles de compétitivité,
cette aide peut atteindre 60% du coût du projet, dans le cas d’une PME.
D’une durée maximum de 36 mois, le projet ne doit pas excéder
les 1,5 millions d’€uro en coût total et doit être porté
par un laboratoire de recherche et deux entreprises implantés
en région PACA (dont au moins une PME).

Autres sources de financement

Dans le même élan, certaines communautés d’agglomérations
(Toulon, Pays d’Aix, Marseille, Sophia-Antipolis et Nice),
départements (Var, Alpes-Maritimes et Bouches-du-Rhône) soutiennent le projet
via le cofinancement du Pôle-Mer.

La Caisse des Dépôts et Consignations

Institution financière publique historique, la Caisse des Dépôts et Consignations
participe au développement économique du pays en investissant
des projets au service de l’intérêt général.

Du fait que tous les échelons de participation et contribution financiers
sont prévus d’abonder le projet ABYSSEA, on peut exiger un libre accès aux pièces constitutives du dossier et avoir droit à une transparence de procédure.
A ce jour certaines communes littorales ignorent encore la portée,
l’impact voire l’existence d’un pareil projet, les partenaires engagés
et ce pour quoi il a été élaboré.

Des objectifs flous

A la lecture de la demande d’autorisation auprès du préfet maritime
pour laquelle il s’agit « de soutenir les efforts de recherche et développement
des Centres de Recherche et des PME dans le domaine des technologies
sous-marines grands fonds, avec l’ambition d’aider la recherche scientifique et l’industrie à opérer les équipements sous-marins de manière
plus sûre pour les hommes et pour les équipements,

dans un respect total de l’environnement marin et sous-marin. »,
il est difficile de  traduire clairement les objectifs du projet.

En revanche sur le site du Pôle Mer Méditerranée on apprend que
« ces dispositifs ouvriront d’importantes perspectives
aux industries pétrolières minières ».

Par ailleurs dans son dossier de séance du 13 juin 2014 (pièce n°6),
le Conseil Maritime de Façade, dont l’avis est sollicité, précise :
« Les applications sous-marines peuvent être divisées en 4 domaines :
– recherche scientifique, exploitation des ressources sous-marines,

énergies renouvelables, application militaire. »

Il est très complexe de définir les objectifs du projet ABYSSEA
et quels que soient les niveaux de décisions ou de supervision,
les éléments se superposent, s’emboîtent et se traduisent tel un rébus.

Cependant, l’industrie pétrolière off-shore est bien présente
car par recoupement d’informations, on peut démontrer que si les
plates-formes d’ABYSSEA sont prévues respectivement à 1300m et 2400m de profondeur,
les exploitations de grande profondeur ne rencontrent plus d’obstacle technologique majeur jusqu’à -3.000m.

Les exploitations existantes semblent le montrer.
Exemple : le Gisement Tupi au Brésil -3000m, Total assure des forages
et exploitation jusqu’à -3000m, le Champ « Parflor » en Angola où
les unités de traitement sont installées à -1200m sont opérées par des robots mobiles.

Les matériels utilisés sont aussi souvent développés conjointement
avec l’industrie spatiale.

Le projet CEEMP semble donc sous-dimensionné compte tenu du niveau actuel
des technologies disponibles lesquelles nécessiteront inévitablement
une adaptation pour une dimension dont il n’est pas fait état à l’horizon 2030
pour la réalisation de projets complets de production
(appelés DEPTH : Depth Export & Production Traitment Hub).

D’autre part, le pétrole « offshore » est un pari incertain :
beaucoup de pays rencontrent des difficultés quant au coûteux
et complexe développement de ressources supposées exploitables
situées à grande profondeur.

Au Mexique, la production s’épuise inéluctablement, au Brésil les extractions de brut
ont enregistré un recul de 2 % en 2012 malgré l’ouverture au large de Rio de Janeiro
des premiers puits offshore profonds, ou encore en Arctique,
où l’avenir des hydrocarbures
, essentiel pour la Russie
autant que pour le géant américain Exxon
,
est dorénavant présenté comme un mirage
par l’Agence internationale de l’énergie
.

En Afrique, l’Angola ou encore le Gabon fournissent des exemples supplémentaires
de la grande difficulté à maintenir les extractions d’or noir grâce aux plateformes en mer.
Un acteur important de l’industrie pétrolière mexicaine tempère:
« Il est très loin d’être évident que le offshore profond puisse compenser
le déclin des ressources immenses développées jusqu’à aujourd’hui. »

Risques potentiels sur une dérive du développement du projet ?

Les experts sont formels, les forages pétroliers vont se multiplier dans les années
qui viennent en Méditerranée. «Essentiellement dans la partie orientale»,
précise Lucien Montadert, consultant en géologie pétrolière.
Mais pas seulement.

Ces projets offshore seraient peut-être passés totalement inaperçus
s’il n’y avait eu l’accident dramatique dans le golfe du Mexique le 20 avril 2010
de la plate-forme «Deepwater Horizon» qui a provoqué la mort de 11 personnes
et laissé échapper pendant plus de trois mois près de 4 millions de baril de brut.
Cet accident est loin d’être un cas isolé.

On rappellera que la Méditerranée demeure une zone sismique active

et qu’il existe, à ce titre, un double risque :
celui lié aux mouvements tectoniques et celui lié
à la puissance des vagues de fond d’éventuels tsunamis.

«Depuis une trentaine d’années on a recensé dix incidents majeurs dont la moitié
a donné lieu à des marées noires», rappelle le sénateur de l’Aude Roland Courteau
qui a présenté un rapport de l’OPECST
(office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et techniques)
sur la pollution en Méditerranée.
http://www.senat.fr/rap/r10-652/r10-652.html

Nouvelles techniques

A ce jour, cette grande mer semi-fermée compte 245 plates-formes
d’exploitation d’hydrocarbures dont un tiers environ concerne du pétrole.

La très grosse majorité se trouve au large de la Tunisie (43),
l’Italie en compte 13, la Libye 5 et la Grèce 3.
Mais d’ores et déjà, d’autres sont en cours de forage (6 en Égypte, 2 en Italie,
20 en Tunisie, 1 en Croatie) tandis que d’autres projets dans les cartons attendent
le dernier feu vert. Cet engouement s’explique en partie par les nouvelles techniques
de forage qui permettent d’extraire du pétrole des grandes profondeurs.

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« Alors que les industriels foraient dans une dizaine de mètres d’eau
au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les exploitations
à plus de deux kilomètres de profondeur sont aujourd’hui
de plus en plus fréquentes », précise Lucien Chabasson,
conseiller à l’Iddri  (Institut du développement durable et des relations internationales).
Sans oublier que les cours du brut rentabilisent aujourd’hui les forages les plus onéreux.
« Or, la mer Méditerranée est une mer profonde
dont les coûts d’exploitation sont élevés »
, précise ce spécialiste.

Cuves pleines à ras bord

Le sénateur de l’Aude est inquiet. « La gravité potentielle des incidents
de plates-formes est liée aux faiblesses actuelles
de l’encadrement juridique de leur exploitation », regrette-t-il,
sachant que les forages offshore dépendent principalement du droit
des États riverains.
Et pour beaucoup d’entre eux « les préoccupations de sûreté environnementale ne sont pas  dominantes ». 
«L’âge de la plupart des plates-formes suscite de réelles inquiétudes»,
ajoute l’élu.

Un pas a toutefois été franchi en mars 2011 avec l’entrée en vigueur
d’un accord (le protocole de Madrid) sur la pollution résultant de
« l’exploration et de l’exploitation du plateau continental ».
Six pays l’on ratifié mais pas encore l’Union européenne bien
« qu’il couvre un large éventail de sujets: permis de forage,
contrôle de ces permis, inspection à bord…»,
insiste Lucien Chabason.

« En cas d’accident, il n’y a pas d’accord sur la façon de lutter
contre la pollution», regrette de son côté Frédéric Hébert,
le directeur du Rempec (centre régional méditerranéen pour
l’intervention d’urgence contre la pollution marine).
Aux craintes d’éventuelles marées noires liées aux exploitations s’ajoutent
celles en lien avec l’augmentation constante du trafic maritime.
Outre des bateaux de plus en plus gros aux cuves pleines
à ras bord de fuel (20.000 tonnes pour certains d’entre eux) le transport de pétrole
a considérablement augmenté.
« Ce sont 420 millions de tonnes qui transitent aujourd’hui
contre environ contre 300 millions il y a dix ans »,
souligne encore Frédéric Hébert.
Reste qu’aujourd’hui la réalité, c’est toujours celle des bateaux qui nettoient
leurs cuves en pleine mer: entre 100.000 et 250.000 tonnes par an !

Intérêt fallacieux du projet pour les énergies renouvelables ?

L’évocation des énergies renouvelables notamment auprès du Conseil Régional PACA
afin de requérir des subsides n’est en fait qu’une stratégie de « greenwashing »
destinée à s’attirer les bonnes grâces des partenaires financiers.
Aucune trace dans les dossiers consultés de la présence de l’industrie
des énergies renouvelables.
Est-il potentiellement intéressant de faire des essais de matériel
à de telles profondeurs pour les éoliennes en mer…?
(qui généralement ne sont installées que dans des zones dont la profondeur ne dépasse pas les 40m), les centrales marémotrices  ou houlomotrices ?
Les hydroliennes sont également implantées à 30/40m de profondeur.
Tandis que seule l’énergie thermique des mers (ETM) demande
des profondeurs de -1.000m.

Applications militaires cachées ?

Dans la version anglaise du dossier, les arguments mis en avant
ne sont pas les mêmes que dans la version française grand public.
En effet, le domaine d’application militaire est présent
et surtout à plusieurs reprises il met en avant le fait que le projet
se situe dans un domaine militaire inaccessible et sous contrôle.
La DGA est qualifiée de « partenaire actif ».
Si l’île du Levant n’est pas aujourd’hui un site classé,
comme les îles de Porquerolles et Port Cros,
c’est parce qu’un site militaire est présent
avec des activités classées secret défense.

Ce territoire est un point aveugle soustrait à tout contrôle citoyen.
Avec le développement d’applications militaires, le projet ABYSSEA perdra
encore toute possibilité de contrôle et de transparence et rien ne pourra garantir
le respect des mesures de protections environnementales.

LE GROUPE LA VILLE HEUREUSE DU CONSEIL MUNICIPAL DU LAVANDOU)
et étant donné que ;

Sur le plan environnemental, ce site, comportant un sanctuaire Pélagos
protégeant les grands mammifères marins, situé dans l’aire marine adjacente
du Parc National de Port Cros et ayant à répondre aux objectifs
de la Charte du Parc National de Port-Cros, à ceux du Plan d’Action
pour le Milieu Marin est incompatible -même à titre expérimental-
avec un projet voué au développement de l’industrie off-shore pétrolière.

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Sur le plan économique et d’un point de vue de la transition énergétique,
le projet ne répond pas aux exigences actuelles de refonte de notre modèle énergétique.
De plus, il engage des partenaires publics qui ne verront pas leurs contributions financières honorées par des retours sur investissements
en terme de gisements d’emplois et de nouvelles technologies de développement
et d’innovations dans les domaines industriels et énergétiques.

Sur le plan démocratique, ce projet ne désigne pas assez clairement
les attributaires et les récipiendaires, laisse planer un partenariat avec la DGA,
ce qui qui rendra les activités d’ABYSSEA opaques et incontrôlables,
là où la fragilité environnementale demande une transparence totale
et un contrôle permanent pour garantir l’intégrité de ce territoire.

S’OPPOSE SANS EQUIVOQUE
ET EMET UN AVIS DEFAVORABLE

AU PROJET ABYSSEA

Fait au Lavandou, le 17 Novembre 2014,
Jean-Laurent Félizia

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